failles (obligation de quitter le territoire) s’ancre dans l’histoire de mon père, parti du Togo vers l’URSS en 1986. Je nais à Minsk en 1996, et nous arrivons à Bruxelles en 1998, où commence une décennie sans papiers : une enfance faite d’attente, de survie et de silences qui protègent autant qu’ils blessent.
En 2003, une obligation de quitter le territoire tombe sur nos noms, révélant la violence d’un État qui fabrique l’exclusion comme règle. Vingt ans plus tard, mon père est belge. Moi, non. C’est là que naît la faille.
Deuxième volet du diptyque ouvert avec reste(s), ce projet explore les langues coupées, les héritages contradictoires et les blessures intimes que l’assimilation imprime dans les corps diasporiques. En duo avec mon père, j’invente un troisième territoire : un espace où les papiers deviennent archives sensibles et où nos silences, enfin, se mettent à parler, une tentative de réécrire l’histoire depuis nos marges avec celles et ceux qui acceptent de traverser ce paysage avec nous.