Initialement formée à la théorie et à la critique des Arts du Spectacle (Université de Caen Basse-Normandie, FR) Lucile Saada Choquet poursuit sa formation théâtrale en tant que comédienne à Arts2 (Mons, Belgique). Aujourd’hui performeuse, dramaturge, autrice et metteuse en scène, elle développe dans sa pratique artistique un langage poreux entre les arts performatifs et les arts visuels. Se définissant comme artiviste, elle est préoccupée par les mouvements sociaux, leurs récits et leurs différents impacts sur les corps des personnes minorisées. Elle crée des formes qui mettent en jeu les corps politiques, et repensent les imaginaires collectifs. Les relations entre l’intime et le politique, l’antiracisme et l’archivage sont au centre de sa pratique.
Avec son installation-performative Jusque dans nos lits (2021-…) , elle situe son travail dans le contexte de la réparation collective des traumatismes coloniaux. Dans le sillage de ce premier geste artistique, elle mène une recherche expérimentale centrée sur le système de l’adoption internationale nommée Qui adopte qui ?(en)quête d’amour et de justice, et ce depuis l’expérience d’une adoption transraciale et transnationale. Avec la Station Saada, espace itinérant de recherches artistiques créé dans le cadre du programme Future Laboratory, elle développe des procédés documentaires et scéniques pour renverser le narratif romantisé de l’adoption internationale.
En 2025, elle poursuit son enquête en déplaçant son regard et sa pratique avec plusieurs allers-retours entre l’Ethiopie (pays d’origine) et la Belgique. Sa recherche l’amène à créer un langage esthétique politisé émancipé des attendus coloniaux tant du point de vue de la forme que de la narration.
En élaborant SAADA STATION comme un espace théâtral au service d’une critique polyphonique du système de l’adoption internationale, Lucile Saada Choquet revendique son droit à la pratique d’une écriture injustement entravée : la fabrique d’autres imaginaires. Ainsi, par le croisement d’une forme documentaire et d’une fiction afro futuriste, elle choisit d’adresser des questionnements esthétiques et politiques silenciés.